Week-end du 5 et 6 juin 2010

Lors de la dernière réunion du bureau, nous avons décidé à l’unanimité que, désormais, le compte rendu serait réalisé par un des participants (au minimum, mais les écrits à quatre mains ou plus ne sont pas proscrits) autre que l’organisateur. Qui se trouve ainsi déchargé d’une tâche supplémentaire. Et dans le cas présent, la sortie étant programmée sur deux jours, il était normal de soulager Manu qui en a assumé l’organisation. Bien aidé en cela par Jean Marc et Mumu pour la partie découverte du Champsaur.
Aussitôt cette décision adoptée, il m’est apparu évident que je vous devais ce compte rendu. Mais je n’ai rien dévoilé de mes intentions.
S’il est une activité dont la pratique est au départ à réaliser en solo, voire en duo, c’est bien la moto. Mais quand elle se conjugue à plusieurs, elle prend indéniablement un autre sens.
C’est donc un groupe composé de 12 personnes et 10 motos que Dany et moi rejoignons au point de rendez-vous fixé par Manu sur le parking du Centre Culturel Altitude 500 à Grasse, juste à temps pour ne pas hors délai… et oui, un incident de dernière minute (une sombre histoire de coupe de fruits en gelée renversées dans mon top case nous a fait perdre un temps précieux en nettoyage…). Je remercie toutefois Benoît d’être arrivé juste derrière nous, et m’empêcher ainsi la honte d’être le dernier.
Il y a donc là :
– Manu et Nat
– Alain et Valérie
– Yves
– Gaby, avec nouvelle machine (une Ducati ST3 magnifique)
– Joël
– Ludovic
– Xavier, un revenant
– Alain, revenant également, puisqu’il a participé à la fameuse sortie où heure du déjeuner était plus apparentée à heure du goûter…
– Jean-Marc et Mumu
Avec les trois retardataires cités plus haut, c’est donc une troupe de 15 personnes et 12 motos qui s’élance en direction de St Vallier. La météo est au beau, l’humeur guillerette, et c’est toujours avec un égal bonheur que nous découvrons le splendide panorama sur la Côte que nous offre l’ascension vers St Vallier. Au contraire des autres sorties, il n’y a pas de partie « libre » prévue aujourd’hui, mais le rythme est soutenu, sans être toutefois extravagant.
Calés en queue de peloton, sans toutefois fermer le cortège (rôle assumé par Mumu), nous jouissons, Dany et moi du spectacle de cette sorte de long animal onirique et mécanique ondulant au gré des virages, scintillant parfois de mille feux… Quand je vous disais que rouler en groupe ajoute au charme de faire de la moto !
Une pause ravitaillement est prévue à Castellane pour Joël qui arrive de loin. Et après en avoir discuté au départ de Grasse avec Manu et Mumu, les deux encadreurs, quelques kilomètres avec cette sympathique bourgade, je double tout le monde pour prendre le maximum d’avance sur le groupe. Le but étant d’aller me poster dans un endroit stratégique pour prendre des photos au passage de chacun, histoire de changer des photos statiques généralement réalisées lors des balades. Surtout que j’ai hâte de tester mon nouveau téléobjectif. D’aucuns pourront penser que c’est aussi une manière de s’organiser une partie libre perso… certes, mais je n’ai pas trop cravaché pour ne pas perturber ma passagère. Malgré cela, j’ai à peine le temps de trouver l’endroit qui me semble convenir, de procéder aux réglages de l’appareil (en me basant sur les véhicules qui arrivent), que déjà j’entends les moteurs vrombir. Pour cette première série de clichés, je déclenche sur chacun, délaissant le mode rafale. Et grosso modo, j’arrive à avoir tout le monde. Et c’est parti pour la 2e cession de roulage libre de la journée, car il faut bien rattraper tout ce joli monde… Quelques serrements de cuisses de Dany me rappellent à l’ordre. Et c’est peu avant Digne que nous réintégrons la bande des joyeux Flying Crapot’s, à moins que ce ne soit la joyeuse bande des Flying Crapot’s.
Comme prévu, note ami Cissou, arrivant de Meyrargues, nous attend au plan d’eau de Digne, et c’est pour tous l’occasion de faire une pause café bien venue. J’en profite pour ressortir mon bel engin (je veux dire mon téléobjectif… je ne sais plus qui l’a qualifié de la sorte…) et jouer de nouveau les paparazzi.
Un groupe est constitué d’individus et au sein de celui-ci, selon les personnalités, les humeurs de chacun, les affinités se créent et se nouent. La photo de groupe est monnaie courante dans les annales du club, c’est pourquoi j’ai tenu à faire une galerie de portraits individuels, qui j’espère sera appréciée. Bien sûr certains, et surtout certaines d’entre vous, se sont récriés devant mon insistance à « shooter » au plus près, mais j’ai la faiblesse de croire que certaines photos sont réellement réussies (je vous en laisse juges).
Reprise du roulage vers Gap. Au passage de Sisteron, vu la belle lumière qui éclaire la citadelle, j’ai une furieuse envie de m’arrêter pour immortaliser la scène. Je m’en abstiens, car à force de jouer les électrons libres, je risque de m’attirer les foudres de la communauté.
A Tallard, nous bifurquons en direction de Remollon puis Chorges en empruntant la D3 qui nous permet de nous élever au dessus du barrage de Serre Ponçon. Au détour d’un virage, au pied du barrage, nouvelle pause photo pour moi. Le temps d’en prendre trois, le groupe s’est évanoui dans la nature : il faut dire que l’heure du casse croûte a sonné, et l’estomac du motard est généralement bien calé au niveau du timing. Je me lance donc une nouvelle fois à la poursuite, non pas du temps perdu, mais de la troupe. A l’entrée de Chorges, ne voyant personne m’attendre, et ne sachant quelle direction suivre, j’appelle Jean Marc, le régional de l’étape. Quelle n’est pas ma surprise d’apprendre que j’ai roulé 7 kms pour rien, et que tout le monde est tranquillement installé, au bord de l’eau. Qu’à cela ne tienne : demi-tour, et gaz…
Au pique nique l’ambiance est des plus allègres, les discussions vont bon train. Ludovic et Cissou semblent avoir entamé une compétition de blagues. Mais l’heure tourne… et c’est déjà l’heure du départ, Dany et moi n’avons eu que le temps d’avaler notre pain bagnat (logique toutefois vu le planning chargé de l’après midi). Et pour une fois, nous n’aurons pas le café d’après repas… Tant pis.
Peu de temps après, arrivée sur le camping où nous patientons quelques instants, le temps pour la gérante d’encaisser le reliquat de ce que nous lui devons, et c’est l’installation dans les adorables petits chalets. Ce qui permet à Gaby qui était parti chercher Domi, sa femme, de nous rejoindre.
Une fois de plus, je ne m’attarde pas pour aller me positionner dans la montée du col Bayard, à l’endroit stratégique que m’a indiqué Jean Marc. Cette fois, c’est le mode rafale que je vais utiliser. Et après quelques essais sur des motards anonymes, je trouve cette possibilité de prises de vue intéressante (7 images/seconde). Je crois que je n’ai oublié personne, mais c’est à vérifier.
Après un court rassemblement au niveau de ce belvédère, doté d’une table d’orientation, histoire aussi d’entendre les uns et les autres raconter leur montée de col (puisqu’en l’occurrence cette portion a été décrétée zone à roulage libre), nous reprenons la route vers Corps sous la direction de Jean-Marc qui ouvre désormais. Il nous emmène au sanctuaire de Notre Dame de la Salette, qui sera pour moi l’occasion de réaliser d’autres photos, statiques et en action une fois de plus. Pardon à ceux que j’ai manqués dans la descente, mais le mode rafale a fait que ma carte mémoire s’est rapidement trouvée pleine à craquer, et faute de munitions, j’ai dû m’abstenir.
Roulage sans souci jusqu’à La Fare-en-Champsaur, où Gaby et Domi nous quittent pour rejoindre leurs pénates.
Ensuite de quoi, Jean-Marc nous entraîne à sa suite sur de sympathiques petites routes passant par Ancelle, et le col de Moissière où la pause photo est l’occasion d’une belle crise de rigolade. Et tout c’est tranquillement que nous rejoignons le camping. Dieu que la douche va être appréciée ! Dany, qui était restée se reposer, nous informe de l’envahissement du village par des hôtes indésirables : je veux parler des moustiques à la taille impressionnante. C’est donc la course au produit anti moustiques. Heureusement deux volontaires, Benoît et Yves, se rendent au village tout proche, et ramènent le précieux liquide salvateur. Mais pas que çà… dans sa générosité, le président a apporté tout ce qu’il faut pour un apéro réussi : pastis, whisky et coca, chips et autres amuses gueule. Là encore, moment d’une extrême convivialité emprunte d’une franche joyeuseté… L’intérêt de tels instants est sans conteste la possibilité de créer une réelle cohésion du groupe, et je pense sincèrement que c’est une expérience à renouveler plus souvent, pour l’avenir du club. Indéniablement, par rapport à une balade ordinaire, cette sortie sur deux jours apporte un plus.
Bouteilles quasi vides, tables rangées, appétit aiguisé, c’est un peu braillards (enfin, sans trop toutefois : nous n’avons quand même pas troublé l’ordre public !) que nous nous rendons au restaurant, où notre arrivée ne passe inaperçue. L’ambiance est au plus chaud, et Cissou nous fait un festival de pitreries et de blagues qui nous rendent tous hilares. C’est aussi pour nous tous l’occasion de goûter aux spécialités locales qui sont vraiment savoureuses. Vers minuit, nous voilà de retour au campement de base, ravis de pouvoir enfin nous allonger.
Au petit matin, autre grand moment : pour ce qui est de fédérer un groupe, rien de tel en effet que de voir la tête des gens au lever (surtout après une soirée correctement arrosée…). Certains sont plus expressifs que d’autres, et leur exubérance n’a d’égale que la torpeur des autres.
Après le plein des réservoirs, il nous faut penser à notre petit déjeuner, qui sera pris sur Savines-le-Lac. L’itinéraire choisi par Manu pour nous y rendre nous fait prendre de la hauteur et suivre la route des crêtes, ce qui nous offre une vue exceptionnelle sur le lac. Et n’eussent été la luminosité trop forte et un voile d’humidité, je me serais bien arrêté pour une énième photo…
A Savines, arrêt dans le 1er bar qui n’a que des boissons à nous offrir. Je pars donc en quête de croissants et dévalise la boulangerie de toutes les viennoiseries disponibles. Pour en fait trouver tout le monde attablé à la terrasse d’un 2e bar qui offre une formule petit déjeuner tout compris. Qu’à cela ne tienne : nous aurons de quoi faire quatre heures…
Cissou nous laisse là, et reprend la direction de Tallard pour rejoindre son domicile.
Là encore, je délaisse le groupe pour aller me positionner dans le col de la Cayolle, pour saisir sur le vif les fringants Crapot’s. Comme je me suis positionné juste avant le col, tout le monde m’attend au sommet. Je suis assez content des photos (malheureusement, j’en ai loupé quelques-uns, car je n’ai pas reconnu les motos, mille excuses à eux), mais j’ai un regret toutefois. Celui de n’avoir pu photographier une marmotte, difficile à repérer sur ce terrain partiellement déneigé. Surtout que dans la montée, j’en ai vu deux détaler devant ma roue, pour aller se réfugier dans leur terrier respectif sur les bas côtés.
Les abords du col sont enneigés. Comme chacun sait, si le motard est animal solitaire au départ, il ne dédaigne pas à certaines occasions être assurément grégaire. Mais ce qui le caractérise peut-être le plus, c’est qu’il reste un grand enfant joueur et espiègle. Et comme nous ne sommes pas véritablement seuls sur ce col, nous assistons bientôt à une véritable bataille de boules de neige avec un autre groupe de motards, bataille initiée, oserais-je le dire ? par M le Président himself ! En tous cas, merci à lui pour cet excellent moment de détente.
Descente sans problème jusqu’au lac d’Estenc, où nous faisons la jonction avec notre Gwen préférée, Alain et son nouveau KTM (décidément, ce prénom est vraiment répandu dans le club…), et un petit nouveau : Jeff et son super Ténéré. Pique au bord de l’eau, puis café au restaurant tout proche.
Toujours guillerets, nous reprenons la route. Pour nous arrêter quelques kilomètres plus bas dans la vallée pour enfiler les combinaisons de pluie (enfin, pour ceux qui en sont équipés car, confiant dans la météo, je n’ai pas pris le soin de les emmener) car le temps change. Devant la recrudescence de l’averse, qui s’est transformée en véritable orage, Manu prend la sage décision d’arrêter le groupe bien à l’abri dans un tunnel, où nous patienterons quelques minutes, le temps de voir apparaître une accalmie.
Et c’est la fin du parcours, qui s’achève à Lingostière au bar du complexe ciné. Merci à Manu pour cette belle idée de balade et ces deux jours bien remplis et bien organisés.
Puis viens le moment des au-revoir, qui revêt pour moi un caractère particulier du fait de mon prochain déménagement dans le Sud Ouest.
A coup sûr, ces balades dominicales vont me manquer, de même l’ambiance qui règne dans ce club et sa façon de fonctionner (quand je vous disais que des affinités se créaient…).
Vous l’aurez compris, outre le fait que j’ai toujours aimé faire les comptes rendus des virées faites, aujourd’hui c’est pour moi aussi une manière de vous saluer et de vous rendre hommage.
C’est aussi pour cette raison que j’ai tenu à faire autant de photos. Au moment de terminer ce texte, alors que j’avais pris l’habitude d’une formule du style à bientôt sur les routes pour ne nouvelles aventures, je ne sais que dire. Si ce n’est peut-être ceci :
Continuez sur cette lancée et bon vent au club !
Cela dit, je ne coupe absolument pas les ponts et je compte sur la visite de certains d’entre vous à Mazamet. Et, si je ne vous promets rien encore, j’espère être des vôtres pour le Téléthon…

Patrick.

PS : pour ceux qui ont des anecdotes croustillantes (ou pas d’ailleurs) à nous raconter concernant la soirée au camping (ou sur tout autre moment de la journée), qu’ils n’hésitent surtout pas : à leur clavier !
Au risque de me répéter, un immense merci à Manu pour cette formidable échappée, un immense merci à notre artiste Patrick pour avoir transcendé en magnifique souvenir cette échappée avec ses photos. Un grand merci à tous pour cette convivialité et cette générosité, ces énormes fou rires collectifs. Cette entraide sur la route par des gestes de sécurité, au camping pour dépanner un oubli, nettoyer la visière ou la bulle d’un ami pendant qu’il boucle ses affaires pour le départ, prendre les commandes et se mettre au service des autres, après une dure journée, aller chercher les boissons et les offrir, dévaliser une boulangerie pour régaler ses amis…
Touchée par tous ces gestes qui font que ce week-end me restera personnellement gravé et pour vous tous aussi je l’espère. MUMU
Merci Patrick pour ton compte rendu et tes photos.
J’ai préparé cette escapade avec grand plaisir, si je me suis attaché à ce que tout soit carré, je reste à l écoute de vos sujétions éventuelles pour améliorer l’organisation de nos futures ballades.
Je n’ai rien à ajouter si ce n’est, de vous exprimer à toutes et à tous, tous mes remerciements pour votre participation à ce qui était ma première organisation de weekend.
Ca fait vraiment plaisir de réunir autant de participants sur 2 jours et ça donne envie de remettre ça, n’hésitez pas à faire part de vos idées de destinations. En attendant, rendez vous à tous pour la ballade de juillet, surveillez vos mails !MANU
Quel plaisir que de rouler sur les belles routes de notre région avec des motards encore « enfants joueurs et espiègles ». Cela nous permet de vivre des week-ends comme celui-ci, qui resteront dans nos mémoires. Plaisir de rouler en sécurité ce qui suppose une certaine rigueur, mais n’empêche pas convivialité, l’entre-aide et surtout la bonne humeur.
Que demander de plus pour que des sorties telles que celle-ci donnent envie de renouveler la formule.
Bravo à Manu (et Nathalie), Mumu et Jean-Marc ainsi qu’à toi, Patrick pour le poids des mots et le choc des photos. Je n’oublie pas Dany qui a compris qu’être « assistante photographe » n’était pas de tout repos…
Bravo également à tous les autres participants qui ont fait de cette sortie une réussite sans aucun incident à déplorer ….. et qui aiment la neige, même trop molle ! (c’est quand la journée ski ?)
Une pensée pour tous les autres Flying Crapot’s qui n’ont pu se joindre à nous.
Pour Dany et Patrick, ce n’est qu’un « Au revoir ». Prenez exemple sur Cissou !

Benoît HIMSELF

Publié dans Comptes rendus des sorties des Flying Crapot's.